Tout d'abord, rendons à César, ce qui est à César, le jeu a été créé par l'ITECO et depuis, a été repris par de nombreux sites et associations.
Matériel:
Déroulement:
Première étape : répartition de la population mondiale
Dans un premier temps, l’animateur du jeu répartit les affichettes des cinq continents sur les murs de la salle. Puis il annonce que l’ensemble du groupe constitue la population mondiale. Il peut dire ce que chacun des participants représente en nombre d’habitants. Ensuite, il demande aux participants de se répartir dans le local et de se regrouper sous les affichettes des continents de façon à représenter la répartition de la population mondiale.
Une fois que le groupe est stabilisé dans ses déplacements, l’animateur donne les chiffres réels et corrige la représentation de la répartition des habitants dans le monde. Il peut inscrire les chiffres énoncés au fur et à mesure de la séance sur un tableau.
Deuxième étape : répartition de la richesse mondiale
Dans un deuxième temps, on s’intéresse à la répartition de la richesse mondiale symbolisée par les chaises. Le terme de richesse mondiale est, en soi, un peu vague : en fait dans le jeu, la richesse est représentée par l’indicateur du PIB, produit intérieur brut. Cette mesure de l’activité macroéconomique est souvent utilisée et prend en compte la valeur de tous les biens et services produits, durant une période donnée (un an dans le cas du jeu des chaises), sur un territoire donné. Même si on peut argumenter sur le fait que le PIB ne tient pas compte de tout, il est nettement le plus répandu des indicateurs de richesses car il reste facile à utiliser pour des raisons de disponibilité des données.
Une fois clarifiée la définition de cet indicateur de richesse, l’animateur peut dire ce que chaque chaise représente en milliards de dollars. Après des négociations plus ou moins courtes, le groupe répartit les chaises sous les affichettes. L’animateur donne ensuite les chiffres réels et corrige la représentation de la répartition des richesses. Les participants doivent ensuite occuper toutes les chaises : s’étaler sur les chaises vides dans le cas des habitants des pays européens ou en Amérique du Nord, ou bien se regrouper et s’accrocher à un accoudoir dans le cas des Africains ou des Asiatiques …L’idée des raisons qui poussent les personnes à tenter d’immigrer en Europe n’est jamais très loin des discussions ni trop difficile à suggérer.
Troisième étape : répartition de l’empreinte écologique
Dans un troisième temps, et après avoir visualisé la répartition de la population et de la richesse, l’animateur annonce aux participants que l’on va visualiser la répartition de l’empreinte écologique. L’empreinte écologique (d’un pays, d’une ville ou d’une personne) est la surface totale nécessaire pour produire son infrastructure, la nourriture et les fibres qu’il consomme et absorber les déchets provenant de sa consommation d’énergie. Il s’agit donc des surfaces occupées par l’infrastructure, ainsi que les surfaces biologiquement productives telles que les forêts, l’eau douce, les pâturages (pas les déserts par contre, ni les calottes glaciaires, ni les grands fonds des océans).
Un rappel et une mise en contexte sur l’empreinte écologique peut parfois s’avérer nécessaire. L’empreinte écologique globale actuelle est de 13,7 milliards d’hectares, symbolisés par autant de feuilles d’arbres ou de cartons verts que de participants. De la même manière que lors des étapes précédentes, les participants doivent se répartir les feuilles par continents.
L’animateur rétablit ensuite les chiffres corrects (suivant les tableaux). On peut faire remarquer que jusque vingt participants environ, le nombre de feuilles correspond exactement au nombre de chaises. L’empreinte écologique semble donc directement liée à la production de richesses, en tout cas dans le modèle de développement dominant actuellement.
L’animateur doit ensuite informer que l’empreinte écologique actuelle est de 21% supérieure à la capacité de régénération des surfaces productives de la planète. Nous consommons donc « 1,21 planète ». Pour que la planète puisse rester en équilibre, il faudrait donc réduire l’empreinte écologique globale.
Après avoir donné le nombre de feuilles ou de cartons verts correspondant à la taille du groupe, il s’agit donc de réduire ce nombre total de cartons pour que la planète reste en équilibre d’un point de vue environnemental. Par exemple, dans le cas de vingt participants, il s’agit de réduire le nombre de feuilles ou de cartons verts à seize. Les participants doivent alors négocier entre continents pour savoir où doit se faire cette réduction et ce que cela implique pour chacun des continents concernés.
Une fois la négociation avancée ou aboutie, l’animateur peut souligner la difficulté des négociations actuelles sur la question et faire lien avec des débats en cours (droit de polluer, Kyoto, etc.). Si l’Amérique du Nord (au hasard) est d’accord pour donner deux feuilles par exemple, cela implique-t-il aussi qu’elle donne deux chaises ?
Personnalisation:
Vous pouvez personnaliser ce jeu pour qu'il corresponde plus à vos attentes : plus ludique en commençant par une phase de
jeu pour récupérer les éléments du jeu, en enchainant sur un temps qui permette à chacun de s'exprimer, en passant des chansons
sur ce thème (je suis sûr que vous en connaissez plus que moi, mais allez, j'en poste une marrante sur
le pouvoir d'achat sur laquelle je suis tombé récemment), etc ....
On peut aussi prévoir une deuxième animation, pour nuancer le propos et je pas rester sur l'image caricaturale "les africains sont tous pauvres et les européens sont tous riches".
Mais surtout, de grâce, ne trichez pas avec les chiffres en voulant accentuer les faits.
Ressources:
Voici la liste des données et ressources que j'ai utilisé pour animer le jeu :